Derrière les chiffres de l'emploi, quelle réalité?

 

Les élections présidentielles viennent de se terminer et nous avons choisi notre nouveau patron. Comme tout leader, c'est lui qui donner le ton et le tempo à l'ensemble de ses équipes, c'est à dire vous et moi.

Mais revenons un peu - et avec la tête un peu plus froide - sur la polémique des chiffres du chômage et de ce qu'il faut en penser.

Tout d'abord, je m'étonnerai toujours d'entendre parler des "chiffres du chômage" plutôt que de parler des chiffres de l'emploi. Cela revient à voir la bouteille à moitié vide plutôt que le bouteille à moitié pleine et c'est symptomatique de l'état d'esprit dans lequel notre pays se trouve. Laminé par des décennies de crise, notre objectif à peine caché est d'éviter la relégation plutôt que de jouer le podium.

A l'heure de la mondialisation, nous ne jouons plus un tournoi de 5 nations mais une coupe du monde à 32 équipes (sans oublier les éliminatoires!). Du fait de l'ouverture croissante des frontières, les pays prétendants à l'enrichissement et au développement sont de plus en plus nombreux, de plus en plus entreprenant, de plus en plus créatif, etc... Ils ont bien assimilé les règles du jeu et ne jouent plus en deuxième et troisième division. Ils jouent le championnat!

Quel est alors notre classement dans ce rééchelonnement des nations? Nous avons un des taux de croissance les plus faibles d'Europe et du monde, un des taux de chômage des plus élevés des nations, un taux d'activité de nos jeunes et de nos séniors dramatiquement bas, une grille de salaire en baisse constante, etc... Non seulement la bouteille est à moitié vide, mais l'eau qui s'y trouve à l'intérieur est de moins en moins potable! A ce rythme là, ce n'est plus la question du prestige et de la puissance de notre pays qui se pose dans le grand concert des nations mais celle de la survie...

Alors, dans le grand carnaval de la campagne électorale, notre facheuse habitude à regarder par le petit bout de la lorgnette a cristalisé notre attention sur quelques dizièmes de pourcentage de différence à propos de de notre taux de chômage. Ceux ne sont pas les 0,3% ou 0,4% d'écart qui sont important. De toute manière, étant donné les taux, officiels et officieux, que nous connaissons, comment peut-on espérer faire baisser durablement la chômage alors que nous connaissons une des croissances les plus faibles de la planète. Du fait d'un accroissement constant de la productivité, il faut des taux de croissance de plus en plus important, solide et durable pour dréer de l'emploi, du véritable emploi.

Face à cet accroissement des candidats au gateau, il n'existe que 3 solutions: la réduction des parts, la fermeture des cuisines ou se mettre aux fourneaux. Or nous sommes encore à sauver, temporairement, des secteurs "historiques" ou "régionalement importants". Ainsi l'énergie formidable déployée par nos dirigeants depuis la création de la communauté européenne pour défendre notre agriculture au l'"exception culturelle française" fait que des dizaines de millairs d'euros sont dépenser pour sauver nos quelques fermiers et les seuls artistes français à s'exporter chantent en anglais ou ne chantent pas! La synergie, la dynamique vertueuse vient du mouvement. Or ce n'est pas en sauvant les meubles que nous créérons cette dynamique.

La France est un grand pays d'histoire dont nous pouvons être fier. Savoir d'où l'on vient pour savoir où nous allons est essentiel. Mais rester scotché au passé handicape lourdement notre avenir.

 




PG CONSEIL
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