PEUT-ON REFUSER UNE PROMOTION ?

Vous avez couru après pendant des années, tout le monde vous a dit qu'on ne pouvait pas la refuser, vous savez que c'est un signe de reconnaissance de votre travail accompli.... La fameuse promotion!

Et pourtant, le doute persiste, comme pour ce jeune homme devant le maire un jour de grande fête et qui se pose la question "Est-ce que je ne fait pas l'erreur de ma vie?" avant de dire oui...

A-t-on vraiment le choix de refuser une promotion?

Qu' importe que la réponse soit OUI ou NON.
La question est : pourquoi et comment peut-on dire non?
Mais surtout : comment en-est-on arrivé à être confronté à un tel dilemne ?


Se trouver dans une telle position, c'est prouver qu'on n'a pas suffisamment préparé son parcours et son avenir, comme si on se retrouvait devant une rivière sans pont, et se demander si on peut la franchir sans se mouiller les pieds, sans avoir pensé à prendre de l'élan... C'est vouloir sans pouvoir, une impasse quoi qu'il en soit.

Avoir une promotion n'est pas une fin en soi mais une étape. Il faut pouvoir par la suite l'assumer. Elle vous engage mais engage aussi votre hiérarchie qui vous a fait confiance. Votre succès sera son succès, votre échec son échec.

Accepter ou refuser est donc un acte réfléchi, la décision entre pousser un peu plus loin ses limites et le "combat de trop"...

Alors il ne faut pas dire NON, mais savoir dire NON et pourquoi dire NON. Il faut donc solidement argumenter vos choix, pour limiter les dégâts. Votre refus de l'avancement ne doit pas refléter votre manque d'ambition, mais votre professionnalisme en indiquant votre envie de ne pas précipiter les choses au risque de tomber et d'échouer.

Dire NON doit appuyer la cohérence de votre cheminement professionnel. Inversement, dire OUI doit indiquer à l'entreprise que l'acceptation de la promotion est bénéfique pour les 2 parties et non pas comme un cadeau unilatéral pour le promu.

Si vous avez une vision de vous-même à long terme dans l'entreprise, il faut en identifier les étapes. Si la promotion fait partie de ces étapes, de votre projet, il faut alors saisir l'opportunité. Si ce n'est pas le cas, il faudra l'expliquer, proposer de solides arguments et des alternatives.

La véritable problématique n'est pas de savoir si on peut, ou pas, accepter ou refuser une promotion, mais comment on en est arrivé dans cette situation.

La promotion venant obligatoirement d'un supérieur hiérarchique, et bien souvent du votre, il devient délicat, pour vous comme pour lui, de décliner l'offre. Cela vous mettra en porte-à-faux vis-à-vis de lui et dégradera les relations que vous aviez. Votre décision le mettra aussi en position délicate vis-à-vis de sa hiérarchie. En effet, avant de vous faire cette proposition, il vous a "vendu" à ses supérieurs, s'est engagé sur votre nom, et obtenu leur accord quant à son choix.

Décliner l'offre, c'est lui dire qu'il s'est trompé et lancer un message insidieux aux hautes sphères indiquant qu'il ne connaît pas et juge mal ses proches collaborateurs. L'effet avalanche déclenché peut alors être néfaste à beaucoup de monde...

Pour ne pas en arriver là, il faut parler (communiquer) régulièrement, avec son responsable comme avec son équipe, de votre vision sur l'évolution de votre service, de votre poste, de vous-même, de vos aspirations au sein et en dehors de l'entreprise.

Cela peut se faire de manière formelle, lors de réunions régulières avec votre supérieur hiérarchique ou au cours des entretiens d'évaluation. Mais cela peut se faire aussi de manière informelle, pendant un repas ou autour d'un café. La bonne information est la clé de tout. Et votre professionnalisme n'en sera que renforcé si vous la donnez.

N'attendez donc pas de vous trouver devant un dilemne qui ne satisfera personne. Soyez clair et cohérent vis-à-vis de vous même et de ceux qui vous entourent. Tout le monde ne s'en sentira que mieux.



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